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Planche N°001 · 2026
Dos et travail Mis à jour le Par Méthodologie

Qui paie l'exosquelette au travail : l'employeur ou le salarié ?

La réponse en détail

Le principe est posé par l'article L4122-2 du Code du travail : « Les mesures prises en matière de santé et de sécurité au travail ne doivent entraîner aucune charge financière pour les travailleurs. » Lorsqu'un exosquelette est mis en place par l'employeur pour prévenir un risque professionnel, c'est donc en principe à lui d'en supporter le coût, et non au salarié.

La situation d'un salarié qui achèterait lui-même un exosquelette de sa propre initiative sort de ce que dit cette règle. Elle doit se discuter avec l'employeur et le médecin du travail ; nous ne pouvons pas la trancher ici. Cet article ne constitue pas un conseil juridique.

Ce que dit la règle

La règle générale ne mentionne pas les exosquelettes : elle s'applique à toute mesure de santé et de sécurité. Pour le cas particulier des exosquelettes, l'INRS précise, dans sa foire aux questions mise à jour en 2018, la démarche attendue de l'employeur.

  • L'exosquelette utilisé au poste doit être intégré à l'évaluation des risques professionnels et retranscrit dans le document unique.
  • L'employeur définit et fait connaître clairement les objectifs visés, en plaçant la santé des salariés avant les gains de productivité.
  • Il doit évaluer les mesures de prévention collectives avant d'envisager un exosquelette.
  • Le suivi associe le service de prévention et de santé au travail et les représentants du personnel, sur le court, le moyen et le long terme.

L'employeur peut aussi être aidé : l'Assurance Maladie – Risques professionnels propose la subvention « Prévention des risques ergonomiques », qui cite les exosquelettes lorsque le médecin du travail recommande une adaptation individuelle du poste, à hauteur de 70 % de l'investissement dans le cas général (page mise à jour le 17 février 2026). Voir notre question sur les aides financières en entreprise.

Mode d'emploi pas à pas

Si vous pensez qu'un exosquelette pourrait aider à votre poste, voici la démarche cohérente avec ces principes.

  1. Identifiez précisément le geste ou la posture qui pose problème (port de charge, bras en l'air, travail penché).
  2. Signalez-le à votre employeur et au service de prévention et de santé au travail.
  3. Demandez que la situation soit examinée dans l'évaluation des risques, en commençant par les mesures collectives.
  4. Si un exosquelette est retenu, demandez un essai sur votre poste réel et une phase de familiarisation avant le déploiement.
  5. Prévoyez un suivi de votre ressenti : gênes, douleurs, dysfonctionnements, à court, moyen et long terme.

Erreurs fréquentes

Ces erreurs reviennent souvent lorsqu'un exosquelette est envisagé sans démarche collective.

  • Acheter un exosquelette soi-même sans en parler à l'employeur ni au médecin du travail.
  • Croire qu'un exosquelette remplace les mesures collectives : l'INRS demande de les examiner d'abord.
  • Choisir sur le seul prix, sans évaluer le poste et les gestes concernés.
  • Oublier le suivi dans la durée, alors que les effets à long terme ne sont pas encore bien connus selon l'INRS.

Ce qu'il faut retenir

En principe, l'employeur supporte le coût des mesures de santé et de sécurité au travail, exosquelette compris lorsqu'il est mis en place pour prévenir un risque. Le cas d'un achat personnel par le salarié n'est pas tranché par cette règle et se discute avec l'employeur et le médecin du travail. Ce contenu ne constitue ni un avis juridique ni un avis médical. Pour connaître les obligations de l'employeur, lisez notre article sur la réglementation des exosquelettes au travail et notre guide par métier.

Sources