Exosquelette et arthrose du genou : ce que disent vraiment les études en 2026

Un exosquelette peut-il soulager l'arthrose du genou ? Nous avons lu les études publiées, les recommandations de l'Assurance Maladie et les fiches des fabricants : résultats, limites, alternatives et questions à poser à votre médecin.

Quand l'arthrose rend chaque escalier pénible, l'idée d'un appareil qui « porte » une partie du poids à la place du genou est séduisante. Plusieurs fabricants mettent d'ailleurs l'arthrose en avant dans leurs arguments. Mais que montrent réellement les études ? Nous avons lu les travaux publiés sur les exosquelettes et les orthèses de genou dans l'arthrose, les pages de l'Assurance Maladie et les fiches des fabricants. Voici ce qui est établi, ce qui est prometteur, et ce qui relève encore de la promesse commerciale.

L'essentiel en 30 secondes

  • Aucun exosquelette ne soigne l'arthrose : selon l'Assurance Maladie, aucun traitement ne la guérit. Le traitement de fond repose sur l'activité physique, la rééducation, le poids et, si besoin, une genouillère ou une orthèse.
  • Les preuves scientifiques sont encore minces : le principal essai publié, sur l'exosquelette motorisé Keeogo, porte sur 24 personnes. Il montre une amélioration de la douleur, de la fonction et de la montée d'escaliers après quelques semaines d'usage, mais pas d'effet immédiat, et ses auteurs demandent un essai plus large.
  • Les orthèses de décharge sont mieux étudiées que les exosquelettes, même si les études restent petites.
  • Les exosquelettes de notre catalogue (Ski-Mojo, Stoko K1, Dnsys Z1) n'ont pas été évalués dans l'arthrose par une étude indépendante que nous ayons lue : ils peuvent alléger un effort précis, pas traiter la maladie.

L'arthrose du genou en bref

L'arthrose du genou, ou gonarthrose, est une détérioration du cartilage de l'articulation entre le fémur, le tibia et la rotule. Elle évolue lentement, avec des périodes chroniques entrecoupées de poussées inflammatoires douloureuses. Selon l'Assurance Maladie, elle est trois fois plus fréquente que l'arthrose de la hanche, et ses principaux facteurs sont l'âge, le surpoids et les travaux qui sollicitent les genoux, la sédentarité, certains facteurs métaboliques, et les antécédents de traumatisme ou de lésion méniscale.

Sa douleur est dite mécanique : elle apparaît quand on utilise l'articulation (marche, piétinement, port de charges) et se calme au repos. S'y ajoutent une raideur le matin, souvent de moins d'un quart d'heure, un gonflement lors des poussées, des craquements et, selon la zone atteinte, une gêne à la montée ou à la descente des escaliers. C'est précisément sur ces efforts que les exosquelettes promettent d'agir.

Ce que recommande l'Assurance Maladie

Avant de parler d'équipement, il faut rappeler le socle du traitement. Voici ce que décrit l'Assurance Maladie dans ses pages sur l'arthrose du genou.

  • L'activité physique fait partie du traitement et agit contre les douleurs : marche quotidienne, natation de préférence, en évitant les sports à changements d'appui brutaux et à réceptions violentes comme le jogging, ainsi que les stations debout prolongées. Pendant les poussées, l'articulation doit être mise au repos relatif.
  • La rééducation préserve la mobilité de l'articulation et la musculature.
  • La perte de poids, quand elle est nécessaire, est toujours bénéfique, car le surpoids aggrave l'évolution de la gonarthrose.
  • Une genouillère peut diminuer les pressions exercées sur la partie du genou atteinte, et une canne, tenue du côté opposé au genou douloureux, soulage l'articulation.
  • Les médicaments (paracétamol en premier, anti-inflammatoires sur une courte durée pendant les poussées) et les infiltrations agissent sur la douleur, pas sur le cartilage.
  • La chirurgie (ostéotomie, prothèse) n'est envisagée qu'après l'échec des traitements médicaux.

Les exosquelettes ne figurent pas dans ces recommandations. Ils se discutent donc, au mieux, comme un complément pour certaines activités, une fois ce socle en place.

Exosquelette et arthrose du genou : ce que disent les études

Nous avons cherché les études publiées qui évaluent un exosquelette chez des personnes atteintes d'arthrose du genou. Elles sont peu nombreuses, ce qui est en soi une information importante.

L'essai sur le Keeogo (2022) : des effets après plusieurs semaines

C'est l'étude la plus solide que nous ayons trouvée. Publiée dans la revue Assistive Technology, elle a évalué le Keeogo, un exosquelette motorisé qui assiste les genoux pendant la marche, chez 24 participants atteints d'arthrose du genou, dans plusieurs centres et selon un protocole croisé : chaque participant a utilisé l'appareil en clinique, puis à domicile pendant deux semaines, et a été comparé à une période sans appareil.

  • Effet immédiat : aucun. Avec l'appareil sur soi, les performances aux tests de mobilité et le niveau d'activité à domicile n'étaient pas meilleurs que sans.
  • Effet cumulé : après l'entraînement et l'usage à domicile, le temps de montée d'escaliers, la douleur et la fonction mesurées par le questionnaire WOMAC se sont améliorés de façon significative, avec ou sans l'appareil.
  • Usage : les participants ont jugé le poids et l'autonomie de la batterie importants.
  • Conclusion des auteurs : un essai randomisé à grande échelle, plus long et avec un meilleur suivi de l'usage, est nécessaire.

Autrement dit, le résultat est encourageant mais préliminaire, et il concerne un appareil précis, qui ne fait pas partie de notre catalogue. L'amélioration observée aussi sans l'appareil laisse penser que l'entraînement et le fait de bouger davantage comptent autant que l'assistance elle-même : c'est une lecture possible, que l'étude ne permet pas de trancher.

Un prototype pour l'arthrose fémoro-patellaire (2025)

Une équipe de recherche a présenté en 2025, lors d'un congrès de robotique de réadaptation (IEEE ICORR), un prototype d'exosquelette de genou construit à partir d'une attelle post-opératoire motorisée. Testé sur quatre personnes atteintes d'arthrose fémoro-patellaire (entre la rotule et le fémur), il a réduit la douleur et la difficulté ressenties dans les escaliers, les rampes, la marche et le passage assis-debout : en moyenne 0,82 point de douleur en moins sur une échelle de 0 à 4. Les auteurs notent eux-mêmes que les exosquelettes classiques n'ont jusqu'ici pas fait leurs preuves dans l'arthrose, et présentent leurs résultats comme préliminaires.

Les orthèses de décharge : mieux étudiées, mais pas parfaites

Les orthèses dites de décharge, qui cherchent à soulager la partie du genou la plus atteinte, ont fait l'objet de plus de travaux. Une revue systématique publiée en 2026 dans la revue The Knee a rassemblé 11 études (environ 300 participants) sur des orthèses de nouvelle génération (pneumatiques, vibratoires, à champ magnétique). Les orthèses pneumatiques montrent les résultats les plus nets, avec une réduction de la charge sur le genou, une amélioration de la marche et une baisse de la douleur pouvant atteindre 36 %. La qualité des études va toutefois de faible à bonne, avec des échantillons réduits et un suivi court.

Ce qu'il faut en retenir

Les données disponibles sont prometteuses mais préliminaires : peu de participants, des suivis courts, des appareils souvent différents de ceux vendus au grand public. Aucune étude que nous ayons lue ne montre qu'un exosquelette ralentit l'évolution de l'arthrose : nous détaillons ce point dans notre question un exosquelette peut-il retarder l'arthrose du genou ?

Exosquelette, genouillère ou orthèse de décharge : que choisir ?

CritèreGenouillère / orthèse de déchargeCollant de soutienExosquelette mécaniqueExosquelette motorisé
PrincipeMaintenir le genou, soulager la zone atteinteCâbles intégrés à un vêtementRessorts qui reprennent une partie de la chargeMoteurs qui assistent flexion et extension
ExempleSur prescription ou conseil médicalStoko K1Ski-Mojo (ski)Dnsys Z1, Keeogo
Place dans l'arthroseCitée par l'Assurance MaladieNon évaluée par une étude indépendante lueNon évaluée par une étude indépendante lueUn essai de 24 personnes (Keeogo)
RemboursementPossible si le produit figure à la liste LPPNon attenduNon attenduNon attendu
Prix dans notre catalogueNon proposée388 $699 €2 088 $ (Z1 + X1)

La différence entre orthèse et exosquelette est détaillée dans notre question exosquelette ou orthèse de genou. Si vous avez de l'arthrose, la première question à poser à votre médecin est celle de l'orthèse : c'est la seule de ces solutions citée dans les recommandations, et elle peut être prise en charge.

Les modèles de notre catalogue face à l'arthrose

Nous présentons ici ce que disent les fabricants, et ce qu'il faut en penser.

Ski-Mojo : pour skier malgré des genoux douloureux

Le fabricant du Ski-Mojo le recommande notamment aux skieurs souffrant de douleurs aux genoux, arthrose comprise, et met en avant des témoignages de skieurs âgés. Ses ressorts reprennent, selon lui, jusqu'à un tiers de la charge. C'est un appareil pour le ski uniquement : il n'est pas prévu pour la marche, et l'Assurance Maladie ne cite pas le ski parmi les activités conseillées dans l'arthrose. La question est donc à poser à votre médecin avant la saison. Voir notre guide de l'exosquelette de ski pour le genou.

Stoko K1 : un soutien textile au quotidien

Le Stoko K1 est un collant qui intègre un réseau de câbles réglables. Son fabricant le présente comme un dispositif médical de classe 1 (FDA et Santé Canada) et cite la marche, la randonnée et le sport parmi ses usages. Il pèse environ 450 g et se porte sous un pantalon. Aucune étude indépendante que nous ayons lue ne l'évalue dans l'arthrose.

Dnsys Z1 : une assistance motorisée pour les escaliers

Le Dnsys Z1 place des moteurs au niveau du genou et vise les montées, les escaliers et les descentes, c'est-à-dire justement les efforts qui gênent dans l'arthrose. Dnsys précise toutefois qu'il ne s'agit pas d'un dispositif médical, qu'il ne sert ni à soigner ni à rééduquer, et qu'il faut pouvoir marcher seul et garder l'équilibre pour l'utiliser. Détails dans notre question sur les modules genou Dnsys Z1.

Pour comparer ces modèles sur tous les usages, consultez notre guide complet de l'exosquelette pour le genou.

Avant d'acheter : les questions à poser à votre médecin

Ces questions peuvent servir de trame à une consultation avec votre médecin traitant, votre rhumatologue ou votre kinésithérapeute.

  1. Une genouillère ou une orthèse de décharge est-elle indiquée pour mon arthrose ?
  2. Quelles activités dois-je privilégier, et lesquelles éviter ?
  3. Un programme de rééducation ou d'activité physique adaptée est-il prévu pour moi ?
  4. Un exosquelette ou un vêtement de soutien est-il compatible avec mon cas, pour quelle activité, et sur quelle durée ?
  5. Quels signes doivent me faire arrêter et consulter ?

Questions fréquentes

Un exosquelette est-il efficace contre l'arthrose du genou ?

Les preuves sont encore limitées. Le principal essai publié, sur le Keeogo, montre chez 24 personnes une amélioration de la douleur, de la fonction et de la montée d'escaliers après quelques semaines d'usage, mais aucun effet immédiat, et ses auteurs demandent un essai plus large. Un exosquelette n'est pas un traitement de l'arthrose.

Quel est le meilleur appareil pour soulager l'arthrose du genou ?

Aucun appareil ne convient à tout le monde. L'Assurance Maladie cite la genouillère, qui peut diminuer les pressions sur la zone atteinte, et la canne. Les orthèses de décharge sont les mieux étudiées. Un exosquelette peut se discuter en complément pour une activité précise, avec votre médecin.

Un exosquelette peut-il ralentir l'arthrose du genou ?

Nous n'avons trouvé aucune étude qui le montre. Selon l'Assurance Maladie, ce sont l'activité physique, la rééducation et la perte de poids quand elle est nécessaire qui peuvent freiner l'évolution de la maladie.

Peut-on faire du sport avec un exosquelette quand on a de l'arthrose ?

Cela dépend du sport et de votre situation. L'Assurance Maladie conseille la marche et la natation, et déconseille les sports à impacts comme le jogging : un équipement ne change pas cette règle. Voir aussi peut-on courir avec un exosquelette de genou ?

Un exosquelette pour l'arthrose est-il remboursé ?

En règle générale, non. Seuls les produits inscrits à la liste LPP sont remboursés par l'Assurance Maladie, et nous n'y avons trouvé aucun exosquelette de sport. Une orthèse prescrite peut, elle, être prise en charge. Détails dans notre question sur le remboursement d'un exosquelette.

Quel est le prix d'un exosquelette de genou pour l'arthrose ?

Dans notre catalogue, comptez 388 $ pour le collant Stoko K1, 699 € pour le Ski-Mojo et 2 088 $ pour le pack Dnsys Z1 + X1, aux prix relevés en octobre 2026. Notre article combien coûte un exosquelette donne une vue d'ensemble.

Sources

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. Si vous souffrez d'arthrose du genou, demandez l'avis de votre médecin, de votre rhumatologue ou de votre kinésithérapeute avant d'utiliser un exosquelette ou une orthèse.